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L'inde aléatoire

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Danse traditionnelle Bharata Natyam

Ganesh



Encens

Shiva




Yogi


Lotus
Dimanche 22 octobre 2006
Inde, 2002
De Sanjay Leela Bhansali
Scénario : Sanjay Leela Bhansali, d’après l’œuvre de Sarat Chandra Chattopadhyay
Avec Rai Aishwarya, Shahrukh Khan, Madhuri Dixit, Jackie Shroff
Photo : Binod Kumar Pradhan
Musique : Ismail Darbar
Durée : 3h

Devdas, fils de bonne famille de retour de Londres après y avoir effectué ses études, retrouve Paro, celle qu’il aime depuis son enfance. Mais, en raison de l’appartenance de la jeune fille à une caste inférieure, leur mariage est rendu impossible. Ce film repose sur le triangle amoureux.


    Devdas, adaptation d’un classique de la littérature bengali, figure le retour aux sources pour le mélo musical bollywoodien. Ces dernières années ont vu le cinéma commercial local se complaire dans de paresseux films d’action musicaux s’éloignant quelque peu des drames flamboyants des 50’s (période de l’Age d’or). Le film de Sanjay Leela Bhansali est un enfant direct de ces histoires, de ces festins tragiques. Tout d’abord, alors que le cinéma indien a surtout misé sur les acteurs ces dernières années, Devdas fait la part belle aux muses en donnant une importance aux rôles féminins: Paro (Rai Aishwarya, Miss Monde), amoureuse éplorée, et Chandramukhi (Madhuri Dixit, superstar locale), charmante courtisane, n’ont ainsi pas de mal à éclipser l’insipide Devdas du titre. Outre ces deux figures féminines, les liens avec les ancêtres sont étroits, entre hommage et citation.


    Devdas demeure dans cette tradition théâtrale de la gestuelle et de la mimique. Bollywood, c’est un cinéma de motifs récurrents – et Devdas n’y échappe pas. Tout ce qui participe à l’esthétique de la montée du désir est de sortie: les fontaines (et l’élément aquatique en général), les voiles, les escaliers ou les ventilateurs accompagnent les flambées amoureuses des personnages. Certaines chorégraphies sont des citations de classiques du genre, le kaléidoscope tourbillonnant de Fleurs de papier trouvant ici un équivalent lors d’une danse. Devdas répond donc fidèlement aux canons du genre en forme de roman photo éblouissant.














    Si le statut mammouth du spectacle est renforcé par sa durée (trois heures), c’est également un sens visuel éclatant qui fait de Devdas une jubilation permanente des mirettes. La musique a été composée en deux ans et demi et chaque morceau a prix dix jours pour être enregistré.
Parmi ces danses, la plus remarquable, climax euphorisant du film, est le numéro des deux muses chez la courtisane. Le dispositif scénique fait place à la figure de l’absorption et de l’envoûtement par le geste: la conception architecturale de l’espace par l’idée de circularité (le cercle sur le sol, les danseuses tournoyant sur elles-mêmes, la circularité de la "scène", l’homme qui tourne autour de celle-ci), les mouvements de caméra traduisant l’attraction par le geste, toute la suggestion de la scène est celle de l’envoûtement tourbillonnant, de la perte des repères grâce au vertige provoqué par ces éléments conjugués. De cet envoûtement, de ce vertige, Devdas en regorge. Spectacle unique et flamboyant, il accomplit sa tâche de divertissement gargantuesque en réconciliant l’héritage des anciens avec le public d’aujourd’hui.

    Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2002, Devdas a été sélectionné pour représenter l'Inde à la cérémonie des Oscars 2003, même si le film n'a finalement pas été retenu dans les nominations. Devdas a également été nommé aux BAFTAS (British Academy Film Awards), dans la catégorie Meilleur film en langue non anglaise.

Voici deux extraits dansés du film : Dola re et Silsiya
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Par Indira - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 19 octobre 2006



Le mot tantra est composé :

de la racine tan-  : étendre, développer, processus continu, descendre de ;

de la désinence -tra  : l'agent qui protège, l'endroit où il y a, l'instrument utilisé par ;

    Dans ces acceptions modernes, tantra signifie : fil, continuité, chaîne de tissage d'un tissu, succession, méthode, règle, traité, logiciel.

   Traditionnellement, tantra signifie donc "ce qui est la continuation de" sous-entendu "des veda".

    Le mot "tantra" s'éclaire là d'un nouveau sens et peut alors être compris comme "ce qui permet d'étendre, de développer" sous-entendu "la conscience, la spiritualité, l'évolution".

    C'est un terme appliqué à un système métaphysique pratique originaire de la région hymalayo-indienne. Dans ce système on considère comme base de l'univers deux principes symbolisés par le couple masculin et féminin. Le Tantra traditionnel est une « voie de transformation intégrale de l'être humain », qui passe par le corps et les cinq sens.

    Les tantra sont des textes qui se veulent être la continuation des veda. Les veda sont des textes écrits, pour les premiers, vers 1500-1000 av. JC ou même avant. De ces textes liturgiques et de rituels sont issus de nombreux commentaires.

    Les tantra, sans rejeter la sagesse ancienne, se présentent eux-même comme l'enseignement ultime offrant la connaissance du monde et les pratiques les plus pointues dans le domaine de la spiritualité.

    Émergeant dans la vallée de l’Indus, à une date sur laquelle les spécialistes ne peuvent se mettre d'accord, cette métaphysique repose sur deux principes : une « présence » omnisciente et une « action de prise de conscience ». Les deux principes sont symbolisés respectivement par Shiva et par Shakti qui, bien que portant des noms venant de l'hindouisme, ne sont pas assimilés à ces dieux. De nos jours, par ignorance, on donne le nom de « tantra » à des pratiques thérapeutiques sexologiques, souvent très éloignées de l'esprit du tantrisme originel. Le tantrisme a souffert d'une approche New Age, on a trop voulu voir « une ritualisation de la sexualité, alors que c'est la sexualisation du rituel ».La relation sexuelle est généralement appréhendée, selon le tantra, comme la fusion divine de Shiva et de Sakhti. L'union réelle, dans le tantra, n'est que rarement consommée. Il s'agit en effet de s'entraîner seul à assumer la forme d'une déité en union. Les tantras s'adressent surtout aux hommes, qui doivent éveiller leur propre énergie féminine pour devenir complets, hermaphrodites et divins. Le mouvement fut une révolution sur le plan philosophique.


Naissance du tantrisme

    Dans les Veda, on enseigne déjà des formules magiques, les mantras, dont l'usage se développa et se structura pour constituer les rituels du Brahmanisme.

    Le tantrisme reprend les éléments védiques et brahmaniques en n'en retenant que les éléments que l'expérimentation a jugé les plus efficace dans la recherche du "Soi". Parmi les tantrika modernes, beaucoup se réclament de l'influence du Shivaïsme du Cachemire comme Eric Baret, Daniel Odier, Pierre Feuga. La finesse du Tantrisme originel semble bien éloignée des préoccupations et des attitudes modernes, et presque inaccessible à l'esprit occidental.

    Le tantrisme semble, en surface, se relier par certains aspects à une tradition beaucoup plus ancienne que les veda, source de confusion pour de nombreux auteurs qui datent le tantra de plusieurs milliers d'années. D'après eux, il s'agirait de l'ancienne croyance des peuples dravidiens pré-aryens.

    Les veda étant très marqués de patriarcat, la présence très forte de la figure féminine dans le tantra paraît ainsi effectivement être une réémergence du matriarcat (supposé) de peuples plus anciens sous la forme des multiples figures de la shakti.

    Mais cette réémergence n'est qu'apparente. En réalité, ce culte ancien d'une déesse matriarcale, personnalisée comme un véritable être vivant à la toute puissance écrasante dont il faut se concilier les bonnes grâces par des sacrifices, n'a rien de commun avec la représentation tantrique symbolique de l'énergie-base de la manifestation. Les premiers tantra ont été rédigés au cours des 5 premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais cela n'exclut aucunement une transmission orale bien antérieure à cette date, puisqu'il y a bien certainement eu depuis toujours des Chercheurs de Réalité préoccupés uniquement de pragmatisme.

    Les derniers tantra reconnus comme tels datent du 19ème siècle, bien que certains ouvrages actuels mériteraient ce titre.


Bouddhisme tantrique

    Le Bouddha Shakyamuni enseigna la pratique de la méditation sur l'esprit et s'opposa à l'usage des mantras qui font appel au pouvoir de divinités qui ne sont pas libérées du karma et du cycle des renaissances.

    Il s'est développé toutefois un tantrisme propre au bouddhisme. La plupart des universitaires s'accordent pour établir l'émergence du tantrisme bouddhique au quatrième siècle de l'ére chrétienne, sur des fondements hindouistes.

    En revanche, les traditions bouddhiques tantriques encore vivantes au Népal, au Bouthan ou au Tibet affirment que ces transmissions proviennent directement du Bouddha Shakyamuni. Elles ont simplement été diffusées de maître à disciple de façon secréte. Ou bien des maîtres (sanskrit: siddha) ont eu une perception directe des divinités tantriques et ont composé des cycles d'enseignement tantriques.

  Il est fait état aussi de différents modes de transmissions des tantra bouddhiques. Ainsi au moment où le Bouddha anéantissait les efforts de Mara, il est dit que sur un autre plan il enseignait à des êtres un certains nombres de tantra, comme celui attenant à la divinité Tandrin.

    Plus tard (avant le IVe siècle), dans le nord de l'Inde, à Nalanda et à Vikramasila, les docteurs du bouddhisme tantrique développèrent la théorie et les différents rituels et mandala. Cet enseignement fut transmis en Chine à partir du VIIIe siècle, puis au même moment au Tibet et au Japon par une lignée de maîtres et de traducteurs. Comme tous les courants bouddhiques, le Vajrayana reconnait Nagarjuna comme patriarche, mais son enseignement n'était pas tantrique.

« Même dans les situations qui nous sont moins familières, on peut trouver une profonde sympathie, une profonde résonance. C’est l’essence de la démarche tantrique. Tout ce qui se présente est à moi ; pas dans un sens personnel ou psychologique, mais profondément. Tout ce qui se présente est ma résonance. Il n’y a rien qui me soit étranger. C’est cela, le tantrisme. » Eric Baret


Par Indira - Publié dans : Spiritualité et philosophie
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